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17/05/2009

La question qui tue : «comment se fait-il que les salaires aient si peu augmenté depuis 25 ans» ?

TiersEtat.jpgCe n’est pas moi qui pose cette question, terriblement iconoclaste ! mais bien Jean-Philippe Cotis, directeur de l’Insee et auteur d’un récent rapport sur les salaires et disparités de revenus, lequel vient d’être transmis à Nicolas Sarkozy. J’en reparlerai très certainement car cette étude suscite d’ores et déjà une polémique.

 

Le Medef voyant dans la stabilité du rapport entre profits et masse salariale un motif de satisfaction là où il est évident, notamment pour les syndicats, que ce ratio - pour aussi stable qu’il soit – masque le poids des très hauts salaires qui n’ont fait qu’augmenter depuis une vingtaine d’années alors que les salaires des ouvriers et des employés ne faisaient que stagner – au mieux – quand ils ne régressaient pas.

 

Bien entendu, c’est un constat que je fais depuis fort longtemps… Il faut de surcroît comparer ce qui est comparable, entendre : convertir les sommes étudiées en francs ou euros «réels» en francs et euros «constants», c’est à dire indexés de l’inflation… Il existe pour se faire, des barèmes ou des calculettes…http://inflation.free.fr/calculateur-inflation.php

 

Ayant été infirmière dans une usine – mécanique générale et de précision - pendant 6 ans entre 1972 et 1978 et travaillant beaucoup avec le Service du personnel, je connaissais tous les salaires (sauf ceux de la Direction). Il se trouve qu’accompagnant il y a déjà quelques années une amie à l’ANPE, pour tromper le temps pendant qu’elle avait un entretien, j’ai consulté le tableau des offres d’emploi.

 

J’ai été littéralement sidérée du niveau des salaires proposés précisément dans cette branche : pour des postes exigeant et une qualification et 10 ans d’ancienneté : le SMIC !

 

Or, en 1978 je percevais grosso modo 3000 francs – 1500 euros actuels – et mon salaire pour 40 heures équivalait à celui d’un P2  - professionnel qualifié dont le niveau de rémunération est situé au milieu de l’échelle des salaires. En consultant le tableau de «Tripalium» http://www.tripalium.com/chiffres/smic/chiffre2.htm, site qui traite - entre autres questions relatives au travail - du SMIC, je lis que le SMIC mensualisé pour 40 heures s’élève précisément à… 1592 euros ! Qui plus est, cette somme englobe 5 heures (par semaine) à 25 %… Bien entendu, c’est le salaire brut et il faut défalquer grosso modo 20 % - diverses cotisations salariales – pour obtenir le salaire net : 1292 euros.

 

 

Formidable régression en 20 ans, sachant que le SMIC est le salaire… minimum.

 

Tout cela au nom d’une politique économique aberrante : recherche de l’hypercompétitivité sur fond de délocalisations massives des activités vers des «paradis sociaux» : pour les actionnaires ; l’enfer du quasi esclavage pour les salariés.

 

Relativement aux conditions de travail et à l’ambiance qui règne dans certaines «entreprises barbares» nous sommes déjà revenus au XIXe siècle à l’aube de la révolution industrielle et des patrons de «droit divin». Encore un effort pour être davantage compétitif, et nous serons au temps des serfs du Moyen-Âge !

 

Ce qui est d’ailleurs tout à fait compatible avec le retour en arrière vers l’Ancien Régime - et la féodalité ! il suffit de voir combien "l'espace public" se restreint au profit des grands intérêts privés...- qui fait nettement plus que se dessiner… La caste des nantis – «hyper-bourgeoisie» http://www.monde-diplomatique.fr/1998/08/DUCLOS/10778 selon Denis Clerc dans le Monde Diplomatique – étant le pendant actuel de l’aristocratie d’hier.

 

J’y ajouterais volontiers la caste des financiers pour faire bonne mesure : nouveaux «gardiens du Temple» - la Bourse – avec leur «credo» : «Je crois au Fric, Dieu tout puissant, organisateur du ciel et de la terre» remplaçant désormais celui du clergé.

 

Nous autres, les pauvres comme les classes moyennes – en général paupérisées – nous restons le Tiers-Etat malmené et supportons tout le poids de ces prédateurs, assis sur notre dos comme dans la célèbre illustration.

 

L’abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 eut-elle jamais lieu ? Sinon dans quel rêve démocratique vite oublié.

 

 TIMBRES BLOC BICENTENAIRE DDH.jpg

 
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