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20/05/2009

Alli, petite pilule miracle anti-obésité vendue sans ordonnance : on tire la chasse !

ALLI - PILULE ANTIOBESITE.jpgMaigrir est un sport dangereux ! Je n’arrive pas à retrouver le nom d’une molécule qui fit de grands ravages et qui bien qu’elle ait été alors interdite, ma sœur qui s’intéressait à la question, enrageait de voir encore il y a une vingtaine d’années présentes dans des aliments de régime vendus en grande surface !… Sans doute quelque amphétamine anorexigène… De la bombe !

 

Plus près de nous, il y eut des pilules amaigrissantes préparées dans une pharmacie parisienne selon la criminelle ordonnance d’un docteur Mabuse qui firent de grands dégâts – quelques décès pour autant que je m’en souvienne… Il prescrivait des extraits thyroïdiens !

 

Forts utiles pour les personnes atteintes d’hypothyroïdie mais très dangereux pour les autres, d’autant qu’il est recommandé de ne pas les utiliser en cas d’obésité sans hypothyroïdie : inutiles à faibles doses et dangereuses – notamment pour le cœur – à fortes doses, surtout en cas d’association avec des substances amphétaminiques : anorexigènes… Je ne sais si la préparation incriminée en contenait.

 

En 2006, nous eûmes droit à une nouvelle molécule «miracle» – le rimonabant, commercialisée sous le nom «d’Acomplia» par Sanofi-Aventis… dont je me doutais bien qu’il s’agissait moins d’aider les obèses à maigrir qu’à obtenir le futur «block-buster» : médicament générant un chiffre d’affaires d’au moins 1 milliard de dollars par an…

 

Je suis stupéfaite de la vitesse à laquelle aujourd’hui les multinationales obtiennent les autorisations de mise sur le marché (AMM en France).

 

Je doute que toutes les précautions aient le temps d’être vraiment prises et les essais cliniques suffisamment longs. Si vous y ajoutez des «experts» - rétribués par les firmes pharmaceutiques ! - qui parfois les manipulent, il est facile de comprendre pourquoi alors qu’ils assuraient les autorités compétentes de l’innocuité du médicament, celui-ci se révèle parfois très dangereux quand il est prescrit…

 

Ne croyez pas que je sois atteinte d’une quelconque «théorie du complot». Je base ma réflexion sur des faits précis. Je ne peux accéder actuellement aux archives de Lait d’Beu mais il y eut dans le passé un expert qui – rétribué par les producteurs de cigarettes américains – affirmait toute honte bue que fumer ne provoquait pas de cancers du poumon. Un autre – stipendié par les producteurs d’amiante – qui refusait de reconnaître la survenue de cancers de la plèvre chez les personnes travaillant avec l’amiante…

 

Or, récemment j’appris sur l’excellent blog «Les mots ont un sens» http://www.lesmotsontunsens.com/scandale-grande-ampleur-industrie-pharmaceutique-3706 qu’un prestigieux expert venait d’être pris la main dans le sac… à mensonges ! Ainsi, «le Dr Scott S. Reuben aurait fabriqué de toutes pièces la plupart des données de ses recherches, depuis 1996, au profit de plusieurs géants pharmaceutiques. Pfizer et Merck notamment»

 

Dont le fameux Vioxx de Merck, médicament largement utilisé contre l’arthrite dont la FDA estime qu’il a provoqué aux Etats-Unis depuis 1999 160 000 crises cardiaques et attaques cérébrales et serait à l'origine de 27 785 décès et que Merck a fini par retirer du marché en 2004, non seulement sous la pression de rumeurs de plus en plus insistantes faisant état de sa dangerosité mais surtout ! parce que les patients ou leurs ayants-droit cherchaient noise au laboratoire devant les tribunaux américains… Mauvaise presse et sans doute dommages-intérêts fort considérables en prévision.

 

Pour en revenir à Acomplia, en mars 2006 je ne comprenais pas pourquoi, alors que la «Food Drug Administration» (FDA) américaine avait refusé l’autorisation de mise sur le marché invoquant une dangerosité potentielle - dont à l’époque je n’avais pas les détails - celle-ci avait été néanmoins accordée sans barguigner par l’Union européenne et précisément l’Agence européenne du médicament (EAMA), laquelle ne s’est pas embarrassée du principe de précaution, bien dangereux gêneur dans la course aux profits… Il faut dire qu’à Bruxelles les lobbies sont très présents, puissants et d’une redoutable efficacité !

 

Or, les faits devaient donner raison à la FDA et à tous ceux qui doutaient à bon droit de l’innocuité du rimonabant : il fut avéré en 2008 qu’il entraînait chez un nombre suffisamment important de patients pour être significatif une dépression nerveuse sévère avec tendance au suicide… Il dut donc être retiré du marché.

 

La surcharge pondérale et l’obésité sont devenus de véritables fléaux à notre époque. En même temps qu’un véritable «filon» pour l’industrie pharmaceutique !

 

Dans mon enfance et ma jeunesse, j’ai connu quelques enfants obèses mais à l’époque l’on incriminait surtout des facteurs endocriniens.

 

Aujourd’hui le nombre d’obèses ne fait qu’augmenter dans toutes les générations et il me semble bien que ce soit la «malbouffe» qui en soit largement responsable : le «grignotage» associé à trop de graisses, de sucres et sans doute nombre d’additifs alimentaires inutiles, voire dangereux mais hautement profitables aux firmes de l’agro-alimentaire, de la grande distribution et de la chimie. Sans oublier les Mac Do’…

 

Or donc, dernier-né de la panoplie anti-obésité, une «pilule miracle» - Alli, concoctée par Glaxo-Smith-Kline – et distribuée – sans ordonnance ! On remarquera encore une fois que l’autorisation de mise sur le marché a été accordée par l’Union européenne… La France faisant partie des 12 pays qui avaient voté contre cette décision…

 

Tant l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) que des professeurs de médecine de services hospitaliers d’endocrinologie ou de nutrition étaient fort réservés à l’égard d’un médicament anti-obésité délivré sans prescription médicale.

 

Je lis sur Libé que la pub pour Alia s’étale sur les bus et que certaines pharmacies sont en rupture de stock (idem en Belgique). Glaxo joue gros sur le terrain économique et met toutes les chances de son côté. En principe, les pharmaciens devraient refuser de délivrer Alli aux clients non vraiment obèses… Ce qu’ils semblent faire. Mais qu’à cela ne tienne : je lis dans le même article qu’une jeune femme à qui 3 pharmaciens avaient refusé de délivrer le médicament a fini par envoyer sa mère, plus enveloppée… N’importe quoi !

 

Il est bien évidemment encore trop tôt pour savoir si cette molécule – qui était déjà utilisée dans des médicaments anciens,  Xenical et Orlistat, lesquels étaient prescrits sur ordonnance mais la dose est aujourd’hui deux fois moindre : 60 mg au lieu de 120 mg – aura des effets secondaires.

 

Je lis toutefois sur un article très récent de «20 minutes» qu’Alli risquerait de contrarier l’efficacité de la pilule contraceptive, risque qui était déjà mis en avant par l’Affssa.

 

D’autres troubles sont déjà connus, à savoir des selles grasses – le médicament recouvrirait la paroi intestinale d’un film qui empêcherait les graisses d’être absorbées… - et surtout : fort nombreuses ! En un mot comme en cent :,Alli donnera la chiasse !

 

J’ai bien ri en lisant quelques réactions négatives d’internautes sur Libé http://www.liberation.fr/vous/0101567849-alli-on-en-fait-tout-un-plat …Y compris l’explosion prévisible de la consommation de PQ ! Que voulez-vous, un rien m’amuse et j’ai dû garder mon âme d’enfant pour les blagues «caca-boudin»

 

Il restera néanmoins que sur le plan de la nutrition il me semble assez dangereux de bloquer l’absorption des nutriments - dont les vitamines - par l’intestin… Au bas mot, cela ne peut qu’engendrer des carences : en voulant éviter les seules graisses on risque de priver l’organisme d’une foule de choses essentielles à son bon équilibre.

 

SOURCES

20 minutes

Alli joue gros en pharmacie

http://www.20minutes.fr/article/324317/Economie-Alli-joue-gros-en-pharmacie.php

Alli, la nouvelle gélule amaigrissante qui impose de rester sur ses gardes

http://www.20minutes.fr/article/323511/France-Alli-la-nouvelle-gelule-amaigrissante-qui-impose-de-rester-sur-ses-gardes.php

Alli: la pilule qui n'aime pas la pilule

http://www.20minutes.fr/article/326937/France-Alli-la-pilule-qui-n-aime-pas-la-pilule.php

Le Monde

Un médicament promet aux obèses de perdre du poids sans ordonnance

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/02/06/un-medicament-promet-aux-obeses-de-perdre-du-poids-sans-ordonnance_1151789_3224.html

Libération

Régime sans ordonnance pour la pilule antiobésité

http://www.liberation.fr/vous/0101565717-regime-sans-ordonnance-pour-la-pilule-antiobesite?xtor=EPR-450206

Alli, on en fait tout un plat

http://www.liberation.fr/vous/0101567849-alli-on-en-fait-tout-un-plat

22/08/2008

Mémé Kamizole fait le tour du "Monde" : la santé, vue du côté de l’industrie pharmaceutique, a un drôle de prix !

Dans mon collimateur : les multinationales de l’industrie pharmaceutique… On pourrait espérer qu’elles ne travaillent qu’à améliorer la santé des milliards d’êtres humains qui peuplent la planète. Ce en quoi on se tromperait lourdement (je ne dirais sûrement pas que tous les chercheurs ne visent pas cet objectif, il en est qui y consacrent leur vie entière mais malheureusement ce ne sont pas leurs travaux qui importeront le plus en règle générale, sauf quand l’opinion publique et certaines ONG se mobilisent sur certaines causes : SIDA, paludisme, maladies rares et myopathies par exemple…).

Si je critique les multinationales de l’industrie pharmaco-chimique c’est «qu’elles le valent bien» ! La santé publique n’est pas leur objectif. Elles regardent à travers un prisme déformant, celui de leurs actionnaires : «par ici l’oseille» !

Je ne peux donc que réagir à la lecture de deux articles récents du Monde qui certes, ne traitent pas du même sujet, mais ont en commun d’illustrer cette recherche effrénée du profit sans guère d’égard pour les êtres humains et leurs souffrances.

 

501839107.2.jpgLe premier article du Monde est particulièrement édifiant et constitue un véritable scandale : «49 bébés morts au cours de tests cliniques à New Delhi» http://abonnes.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/08/20/49-bebes-morts-au-cours-de-tests-cliniques-a-new-delhi_1085803_3216.html

Cela s’est passé au département de pédiatrie de l’Institut des Sciences médicales de New Delhi (Inde) où depuis le 1er janvier 2006, de nouveaux médicaments mis au point par des laboratoires étrangers étaient testés sur des bébés que l’on peut sans nul doute qualifier de «cobayes» au vu du nombre de tests pratiqués : «Le département pédiatrique de l'hôpital a conduit une série de 42 tests sur 4 142 bébés, dont 2 728 âgés de moins d'un an.»

Calculette à la main, j’en avais conclu hâtivement que l’on avait procédé à 98 tests par bébé mais un aimable correspondant m’a fait remarqué qu’il s’agissait de 98 enfants par test. Mais quoiqu’il en soit, le nombre de tests par bébé doit rester proprement scandaleux par rapport aux normes occidentales.

Bien entendu, le porte-parole de l’Institut se défausse honteusement : "Dans certains cas, la mort était l'aboutissement normal au vu de l'état de santé de certains patients. Nous voulions voir si un nouveau traitement pouvait améliorer la situation"

Ce serait certainement très vrai sous nos cieux… Dans les services de pédiatrie où l’on soigne les petits cancéreux, il n’est pas rare que l’on tente des traitements de la «dernière chance» et la plupart du temps, les parents désespérés donnent bien évidemment leur accord. De même, j’ai connu une maman dont la fillette était atteinte de mucoviscidose à qui l’on avait proposé qu’elle fasse partie d’un essai thérapeutique. Elle en attendait beaucoup, espérant seulement que son enfant ne ferait pas partie du groupe recevant un seul placebo.

Il y va tout à fait différemment en Inde.

Non seulement «le ministère indien de la santé a proposé l'année dernière le vote d'un amendement autorisant les laboratoires pharmaceutiques étrangers à tester leurs médicaments sur des patients indiens, avant même que leur innocuité ne soit démontrée.» ! mais les grandes firmes pharmaceutiques ne voient qu’une chose : le coût des essais cliniques préalables à l’autorisation de mise sur le marché (AMM) lesquels représentent 50 % des frais de mise sur le marché : ils seraient en Inde inférieur de 20 à 60 % et de surcroît, du fait des compensations financières, les patients pauvres et illettrés, acceptent facilement d’être des cobayes…

D’ailleurs, l’industrie pharmaceutique ne s’en cache pas : il est envisagé que les nouvelles molécules soient testées de plus en plus en Inde : d'ici à 2010, le «marché» - c’est moi qui souligne ! - de la sous-traitance des tests cliniques dans le pays pourrait atteindre 1 milliard de dollars…

Je doute que ce soit pour mettre au point des médicaments visant à améliorer la santé dans les pays les plus pauvres : la demande n’est pas solvable !

Il faut beaucoup de cynisme pour admettre un tel procédé et malheureusement, à la lecture des commentaires de l’article, je m’aperçois que certains lecteurs n’en manquent pas : ces essais sont bien utiles puisque nous utiliserons ensuite les médicaments ainsi testés, d’autres ajoutant que finalement, 64 décès en 32 mois, ce n’est pas une moyenne extraordinaire dans un pays où règne une forte mortalité infantile.

Raisonner de pareille façon me paraît relever d’un «SIDA moral», maladie opportuniste de l’individualisme forcené promu par l’idéologie ultra-libérale. Comment peut-on considérer que la vie des autres n’a pas la même valeur que la nôtre parce qu’ils vivent à des milliers de kilomètres et sont pauvres ?

 

863202081.jpgLe second article du Monde traite d’un sujet qui, s’il vise la clientèle des pays riches, n’en constitue pas moins une illustration du peu de cas fait par l’industrie pharmaceutique de la santé des personnes qu’elle prétend soigner.

Le problèmes n’est pas nouveau, j’avais d’ailleurs commis deux articles sur Lait d’beu : en juillet 2006 http://kamizole.blog.lemonde.fr/2006/07/03/2006_07_lobsite_vatelle/ et en janvier 2007 http://kamizole.blog.lemonde.fr/2007/01/03/rimonabantacomplia-nouveau-remede-miracle/.

D’où ma surprise de voir en consultant les statistiques de fréquentation, que ces notes étaient à nouveau consultées, ce qui est un signe infaillible que de nouveaux développement se sont produits.

C’est donc sans étonnement que j’ai lu nouvel article du Monde  http://abonnes.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2008/08/19/acomplia-prescription-sous-haut-controle_1085453_3238.html#xtor=EPR-32280155&ens_id=628868

 

Acomplia n’a pas été autorisé aux Etats-Unis. En revanche, l’Union européenne et l’Agence européenne du médicament (EAMA) organisme chargé de donner l’autorisation de mise sur le marché (AMM) ne se sont pas embarrassés du principe de précaution, bien dangereux gêneur dans la course aux profits… Il faut dire qu’à Bruxelles les lobbies sont très présents, puissants et d’une redoutable efficacité !

Pour résumer, Acomplia (rimonabant pour le nom de la molécule) est un médicament censé diminuer la surcharge pondérale des obèses, marché porteur aux Etats-Unis et, depuis quelques temps en Europe : la malbouffe de l’agro-alimentaire et les Mac Do’ y pourvoient…

Or, pour faire court, il agit - en les inhibant - sur les récepteurs cannabinoïdes (sur lesquels se fixe le principe actif du cannabis) du système nerveux et de certaines graisses du corps.

J’étais fort réticente car il me semblait dangereux d’agir sur de telles zones.

De fait, l’étude la plus récente de l’Afssaps et des centres de pharmacovigilance ont démontré (l’étude a porté sur 60 000 patients) la survenue de dépressions parfois graves avec tendances suicidaires (ce qui est fréquent).

A la fin mars 2008, ils recensaient «1148 cas d’effets indésirables signalés dont 988 médicalement confirmés, et parmi ceux-ci, 250 cas graves». La survenue du syndrome dépressif surviendrait pour la moitié des cas pendant le premier mois de traitement et dans 80 % des cas, lors des 3 premiers mois. Certains patients avaient des antécédents ou étaient sous antidépresseurs. Mais les responsables d’Aventis soulignent que des troubles peuvent survenir chez des patients n’ayant aucun antécédent (preuve évidente de l’implication du rimonabant !).

Toujours est-il qu’ils préconisent une vigilance accrue des médecins prescripteurs et l’arrêt du traitement en cas d’apparition d’une dépression… C’est bien le moins !

Ils avaient sans doute pensé avoir découvert la molécule miracle : le «blockbuster» - (en anglais, littéralement «qui fait exploser le quartier» et s’appliquait à l’origine aux pièces de théâtre remportant un si grand succès qu’elle ruine les théâtres voisins). Dans le jargon de l’industrie pharmaceutique, c’est un médicament qui génère plus d’un milliard de dollars par an…

Mais interdite aux Etats-Unis et sous haute surveillance en Europe… ça risque de ne pas le faire !

 

 

 
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