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24/06/2008

Europe : la (grosse) Commission ou le "Léviathan" mais avec la "guerre de tous contre tous"

630286444.jpg 889450075.jpgPour mémoire, la thèse centrale de Hobbes (1588-1679) dans le Léviathan : l'homme, dans "l'état de nature", étant un loup pour l'homme (homo homini lupus) celui-ci, s'il veut être protégé de ses congénères et aux fins d'éviter la guerre de tous contre tous (bellum omnium contra omnes) doit conclure un "pacte social" en vertu duquel il abdique sa liberté en échange de la paix et la sécurité assurées par un pouvoir fort.

Or, il semble évident que l'Europe (des marchands contre les citoyens) telle qu'elle s'est construite, notamment depuis "l'Acte unique européen" (1981) et a fortiori depuis le Traité de Maastricht (1992) s'est transformée progressivement en un monstre - autant sur les plans juridique que pratique.

La Commission n'est en effet qu'un organe exécutif et qui plus est, ses membres sont nommés par les autorités exécutives des Etats-membres (lesquelles ne sont déjà que l'émanation fort indirecte du suffrage universel). Or, le contrôle des activités de la Commission par les parlements nationaux ainsi que celui-du Parlement européen (les seuls organes issus directement du suffrage universel) reste largement indigent.

Qui plus est, le fonctionnement de la Commission européenne n'a rien de démocratique et l'on y cultive davantage le culte du secret (comme certains des carrés de salades ou de plants de tomates dans leur jardin) que la transparence. C'était un des aspects non négligeables mis en avant par les partisans du "non" au référendum constitutionnel de 2005. Point qui fut mis en évidence avec talent par Laurent Fabius, ainsi que l'aberration de vouloir graver dans le marbre d'une Constitution les principes économiques ultra-libéraux... Une Constitution doit porter sur les institutions et leurs rapports entre elles. Point barre.

  • Or donc, la Commission européenne agit comme le Léviathan : elle supprime les libertés des autorités politiques (exécutif et législatif) des Etats-membres et donc, en dernière analyse, celles des citoyens. Et va bien au-delà de ses prérogatives, lesquelles devraient être limitées, laissant aux Etats-membres une certaine latitude pour appliquer les détails des directives dans l'ordre interne et s'interdisant d'intervenir dans les matières qui ne sont pas formellement de sa compétence, en vertu du "principe de subsidiarité", lequel fut théologique avant de devenir politique et s'appliquer notamment aux relations institutionnelles de l'Europe...

Las ! Nous voyons une Commission européenne intervenant dans tous les secteurs et les moindres détails avec une précision diabolique qui laisse peu de part à la liberté des Etats membres non plus qu'à celle des citoyens. N'a-t-elle pas, il y a peu, voulu interdire le "purin d'ortie" (au grand dam de tous les jardiniers amateurs qui ont la fibre quelque peu écolo) au prétexte qu'elle n'était pas inscrite sur un registre des produits phyto-sanitaires ?

Faux prétexte, à l'évidence... Ou plutôt controuvé pour couper l'herbe sous le pied (c'est bien le cas de le dire !) aux fabricants français qui n'appartiennent pas au monde des multinationales. C'est que la Commission européenne adhère pleinement à l'idéologie ultra-libérale : en dehors du tout marché, de la globalisation et de la mondialisation des échanges, point de salut !

  • Mais, dans le même temps, la Commission européenne est loin, bien au contraire, de nous défendre de la guerre (économique) de tous contre tous. Ni à l'intérieur de la Communauté européenne, ni vis à vis des Etats tiers (le fameux "tarif extérieur commun" a fait long feu, notamment sous les coups de boutoir du démantèlement des droits de douane par le Gatt - devenu par la suite l'OMC).

A l'intérieur de l'espace européen, la compétition économique et sociale fait rage entre tous les Etats-membres (l'économie est devenue une guerre, sous d'autres formes mais tout aussi meurtrière que celles du passé). C'est la loi de la jungle : homo homini lupus, le grand retour ! L'état de nature : le libre renard dans le libre poulailler...

Si la Commission européenne et les gouvernements des Etats-membres étaient conséquents (au sens vrai du terme : qui sait tirer des conséquences des principes et des faits) ils auraient harmonisé depuis l'origine les politiques sociales et fiscales, seul moyen d'éviter la compétition la plus sauvage entre les Etats-membres, dont les délocalisations, notamment vers la Pologne ou la Roumanie. Au lieu de pratiquer le "plus disant social", on nous inflige au contraire le moins disant.

La meilleure preuve étant l'accord sur le temps de travail que vient de parafer la Commission : non seulement l'horaire légal hebdomadaire y sera de 48 h mais il pourra aller jusqu'à 60 h voire plus, si affinités... On ne risque pas de parler de progrès social en ce qui concerne ces gens-là ! Cf mon article sur "Lait d'beu" : temps de travail illimité : Laurence Parisot et l'UM/Posture en rêvent... L'Europe de merde le fait ! http://kamizole.blog.lemonde.fr/2008/06/11/temps-de-trava...... on m'excusera pour l'écart de langage mais ils m'ont mis fort en colère !

Quant à l'extérieur, si les capitaux et les marchandises pénètrent comme du beurre dans l'espace économique européen (sinon, serions-nous submergés par la merde chinoise à bas prix  ?) l'Europe communautaire est bien, à l'égard des étrangers notamment venant d'Afrique (du Nord ou subsaharienne) ou de l'Europe de l'Est,  la "forteresse assiégée" dont parlait le Monde diplomatique (un article et un "Manière de voir" qui repris ce titre). Il suffit pour s'en convaincre, de se pencher sur la "directive de la honte" qui prévoit une "rétention administrative" des sans-papiers et/ou demandeurs d'asile (!) qui pourra aller jusqu'à 18 mois... quel crime en effet, que d'être sans-papiers, pauvre et/ou menacé de mort dans son pays... Brice Hortefeux fait des émules partout. A quand les camps de concentration et, pourquoi pas ? une fois qu'on est lancé : les fours crématoires... solution finale à la pauvreté du Tiers-Monde.

Enfin sur ces questions,  je ne peux que vous recommander la lecture du blog de l'excellent Roger Feltz : "Lettre au Monde de l'être au monde" http://rogerfelts.blog.lemonde.fr/rogerfelts et notamment deux articles récents : "Au nom du non" joliment sous-titré : "Il faut construire l’Europe en respectant les peuples" http://rogerfelts.blog.lemonde.fr/2008/06/18/au-nom-du-non/ et "Juridiquement mort"  http://rogerfelts.blog.lemonde.fr/2008/06/20/juridiquemen......

 

21/06/2008

quand mémé Kamizole est mal réveillée : cata garantie pour le café

Je suis une "lève-très-tôt" et quand je dis très tôt, c'est effectivement dès potron-minet, bien avant que l'aube ne blanchisse le ciel, le plus souvent à 3 heures du matin. Bien avant le réveil qui sonnera à 6 h 15. J'ai dû avaler l'horloge et le coucou qui va avec ! Il m'arrive toutefois de temps à autre, vaincue par mes insomnies chroniques, de domir plus tard que la musiquette du réveil, n'ouvrant qu'un oeil, bien vite refermé jusqu'à environ 7 h 30.

Parfois, me sentant fatiguée, je me recouche après un tour au petit coin. Le sommeil ne revenant pas, j'écoute les nouvelles à la radio - France-Info ou RFI - les écouteurs sur les oreilles.

Mais la plupart du temps, je me réveille à 3 heures du temps et me lève car je sais que je ne me rendormirai plus. Mon timing est à peu près toujours le même. Je branche l'ordinateur en sortant de la chambre, vais au petit coin et ensuite dans la cuisine où la première chose que je fasse est de préparer mon premier café de la journée.

Le petit déjeuner viendra plus tard. Selon les jours, entre 6 ou 7 heures. Roboratif : le plus souvent deux oeufs brouillés mais ils peuvent être remplacés par du jambon ou n'importe quoi du même genre (même des harengs !... je ne suis pas fille d'Ecossaise pour rien). J'ai le souvenir qu'une fois ma mère me fit cuire un beefteack à 6 heures du matin un dimanche. Je partis ensuite faire de l'escalade avec le Club alpin d'Orléans.

Mais il est parfois des "jours sans" où fatiguée, parfois d'avoir trop dormi après une ou plusieurs nuis d'insomnie, j'ai pratiquement "la tête dans le cul" comme si j'avais sacrifié à la dive bouteille, le mal aux cheveux en moins. C'est déjà ça. Ce fut le cas ce matin. Une fois de plus.

C'est en général le café qui en fait les frais. Je me mélange les pinceaux dans les dosettes. Par économie, j'utilise des dosettes en plastique que je remplis de mon propre café. Il m'en faut deux pour une grande tasse. Et bien, comme cela m'arrive parfois, j'ai oublié de changer de filtres et j'ai fait passer deux fois l'eau sur la même dosette.... Lavasse garantie !

Mais un matin ce fut un vrai festival. Je renversai de l'eau partout en remplissant le réservoir. Enusite de quoi je me trompai au moins deux fois dans les dosettes (heureusement que je vérifiai : j'aller jeter dans l'évier le café non encore passé) et je fis la même bourde que ce matin mais en bis repetitas ! Cata complète quoi... Dans la lune, la mémé Kamizole.

Ou alors, perdue dans mes pensées, perplexe, je regarde la machine et je ne sais plus sur quel bouton appuyer. Celui pour allumer la machine ou celui pour faire couler l'eau chaude... Cela ne dure en général que quelques secondes mais je n'en tire pas l'opinion d'une très grande intelligence !

Je ne vous dis pas non plus le nombre de fois où j'arrive dans la cuisine (ou une autre pièce) en me demandant ce que je suis venue y chercher (encore heureux, l'appart est petit !). Ce n'est nullement dû à l'âge : j'étais exactement pareille dans l'enfance et mon père se moquait de moi disant que j'étais comme un petit singe qui saisit un bâton dans la main mais a oublié entre temps  pourquoi faire...

pourquoi les pensions & retraites du Régime général ne sont-elles pas versées le 1er jour du mois ?

On se le demande en effet... Jamais avant le 8 et parfois plus tard (jusqu'au 12, certains mois, selon le calendrier adressé chaque année).

Or, la majorité des échéances à payer tombent entre le 1er et le 5 du mois. Les retraités aisés peuvent voir venir.

Mais un grand nombre de personnes n'ont pas de gros revenus. Perso, je touche 900 € (retraite de base et complémentaire) et je suis sans doute loin d'être la seule dans ce cas. Il ne faut surtout pas un coup dur, parce que c'est le "rouge" vif garanti à la banque !

C'est la même chose pour les pensions d'invalidité et je suppose qu'il en est de même pour les titulaires du "minimum vieillesse" (les personnes qui n'ont pas cotisé assez longtemps, dont tous les titulaires de l'Allocation Adulte Handicapé - AAH - parvenus à l'âge de la retraite.

Il y a fort longtemps, les retraites et pensions du Régime général étaient même versées tous les trois mois. Mieux valait compter sou à sou et et bien répartir les dépenses sur les 3 mois.

Au moment de la mensualisation, il eût sans doute été trop simple d'aménager le système afin de faire tomber l'échéance le 1er de chaque mois. D'autant que le versement se fait à "terme échu" et qu'il n'y a donc pas lieu d'invoquer un possible décès.

Qu'en conclure, sinon que le système est organisé en fonction du travail des employés de la CNAV (retraites) ou des CRAM (pensions d'invalidité) mais non pour améliorer le sort des bénéficiaires ?

Et dans la foulée, n'hésitons surtout pas à remercier la CNAV de sa bien trop généreuse augmentation du 1er janvier dernier : 1,1 % alors que l'inflation officiellement constatée était déjà de 2,6 % (plus de 3 % aujourd'hui)... Si nous continuons à ce rythme nos revenus équivaudront tôt fait au RMI !

J'oserais rappeler que selon les termes de la loi Fillon sur les retraites (1993) les retraites devaient être indexées sur l'inflation... Le même Fillon qui préside aujourd'hui aux destinées du gouvernement. Il peut raconter n'importe quoi : c'est toujours poker menteur - ou pleines louches de lait d'beu... a vot' santé !

19/06/2008

nouveau "COUAC ! COUAC !" dans le gouvernement

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325853156.jpgA ma gauche, Jean-Louis Borloo, ministre de l'environnement. A ma droite, Eric Woerth, ministre du Budget. Enjeu du combat : la prime versée au titre du "bonus-malus" pour les voitures propres qui représenterait une trop lourde charge pour le budget (de l'ordre de 300 millions d'euros).

J'ai entendu en milieu d'après-midi sur France-Info Jean-Louis Borloo en défendre le principe et vanter ses multiples retombées positives : moins de rejets de Co² et particules dans l'atmosphère ; des progrès pour la recherche de l'industrie automobile et - très important en ce moment pour les consommateurs - des véhicules moins gourmands en carburant.

Comme en général on n'interviewe par un ministre par hasard, et que de surcroit, Jean-Louis Borloo a conclu l'entretien en disant, que prime ou pas prime les consommateurs se tourneraient de toutes façons vers des véhicules consommant moins de carburant, j'ai tout de suite subodoré un nouveau "COUAC !" au sein du gouvernement. Effectivement, quelques minutes plus tard, dans la présentation des infos, j'entendis qu'Eric Woerth remettait en cause le coût du bonu-malus. Le ministre du budget traque sans pitié toutes les dépenses de l'Etat. il suffit de penser aux suppressions de postes dans la fonction publique, sa hantise... Ce seraient maintenant 20 000 postes d'enseignants qui devraient être supprimés. Et quant à la défense nationale, environ 50 000 postes devraient disparaître d'ici 2012... Je doute qu'il en sorte une armée mieux organisée et plus performante car la rationalité préside rarement aux décisions.

En ce qui concerne le "bonus-malus" s'il faut trouver des sous, c'est facile : l'Etat a récupéré plus de 100 millions de recettes supplémentaires grâce à l'augmentation du prix du pétrole.... Qu'il les affecte à la prime versée aux acheteurs de voitures moins polluantes. C'est bête comme chou.

19:09 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Loi "Olivennes" ou quand les margoulins "font la loi"...

En règle générale, quand une loi ne porte pas le nom de son initiateur - ministre pour un projet de loi, parlementaire pour une proposition de loi - on la connaît soit par la date de sa promulgation soit par son objet : "portant réforme" des conditions de travail deviendra par exemple dans le langage commun : amélioration des conditions de travail, ceci n'étant qu'un exemple parmi d'autres... mais bien lointain au demeurant, la tendance étant plutôt actuellement à la dégradation des conditions de travail !

Je constate par ailleurs actuellement, une tendance à réduire l'objet des lois à leur simple acronyme....

Il faut ainsi une très grande gymnastique intellectuelle pour retenir tous ces sigles. Et se souvenir que "TEPA" signifie : "loi en faveur du Travail, de l'Emploi et du Pouvoir d'Achat"... A cet égard, on permettra au cheval de rigoler un bon coup (Jolly Jumper y excelle !). Tant cela relève de la pure antiphrase (procédé de rhétorique permettant de dire le contraire de la réalité).

En effet, le pouvoir d'achat, parlons-en ! Sauf celui de Nicolas Sarkozy (174 % d'augmentation !) le nôtre, celui du vulgum pecus, s'est vu opposer "les caisses sont vides"....  les lignes qui suivent permettent savoir au profit de qui. J'ai encore en travers du gosier le trop généreux 1,1 % octroyé par la CNAV aux retraités.

Quant aux chômeurs, ils ne voient guère venir de travail sinon des jobs précaires et mal payés au moment même où chaque jour nous apprend de nouvelles "charrettes" et fermetures d'entreprises... Les salariés de Mittal en savent quelque chose. Nicolas Sarkozy devait, avait-il promis ! Défendre l'emploi industriel et l'usine de Gandrange en particulier (sans doute "avec les dents" comme la croissance ?). La crise économique et financière mondiale, avec la récession aux Etats-Unis - largement conséquence de la crise des morgate subprimes et donc, des dérives des organismes financiers et bancaires - n'augure rien de bon sur le front de l'emploi.

D'autant que l'actuelle décrue du chômage est due pour une grande part au départ à la retraite d'un grand nombre de "papy et mamy boomers".

Mais le plus risible (jaune, évidemment) dans l'intitulé de cette fameuse loi TEPA est qu'elle n'a servi qu'à masquer le holdup du siècle : le "bouclier fiscal" ne profite qu'aux multimilliardaires du COUAC/40, la plupart fort amis de Nicolas Sarkozy...

Ne croyez pas que j'exagère ! J'en veux pour preuve le premier article publié sur le blog de "Circé-45" : "2872 : un Premier Chiffre en entrefilet"... http://circe45.over-blog.com/article-12960873.html qui nous livrait le nombre exact de bénéficiaires du "bouclier fiscal" - chiffre fourni par le ministère du budget et donc peu sujet à caution : exactement  2872 foyers fiscaux qui se sont partagés la coquette somme de 50 000 €... de remboursement et quand on connaît de surcroit les derniers développements des "niches fiscales"  parus dernièrement dans la presse, on a plus envie de mordre que de rire ! http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2008/06/05/150-tres-hauts-revenus-echappent-a-l-impot-ou-obtiennent-une-restitution-de-l-etat_1054042_823448.html  

D'autant que l'on sait déjà que le paquet fiscal coûtera "bonbon" au budget de l'Etat : 12 milliards d'euros par an à partir de 2009 ! Cette somme représente précisément le déficit de la Sécu au moment où la loi de finances 2008 fut présentée aux parlementaires, sans oublier les 5 milliards d'euros que l'Etat devait au Régime général au titre des exonérations de charges sociales... en août 2007 Eric Woerth, ministre du budget avait promis de les verser à l'Urssaf... mais le déficit étant toujours le même qu'au mois d'août, on doit en conclure que la promesse n'a pas été tenue.

Or donc, la bergère Kamizole qui égare toujours ses moutons dans ses digressions en revient à l'objet de son courroux du jour : la fameuse loi "Olivennes"... Pour une analyse très pertinente des problèmes pratiques et juridiques qu'elle risque de poser aux internautes, je vous renvoie à l'excellent blog d'Irène Delse qui en fait sa chronique du jour : http://feeds.feedburner.com/~r/IrneDelse/~3/314896884/

Le sieur Olivennes n'est pourtant ni ministre ni parlementaire. Il préside aux destinées de la FNAC, laquelle appartient à François Pinault (LVMH) un des multimilliardaires du COUAC/40... Or, si l'on parle de "loi Olivennes" c'est bien parce que celui-ci a rédigé le texte de loi...

On sait que tous les groupes de pression font de même, avec plus ou moins de chances d'être écoutés du pouvoir. Tous ne poursuivant d'ailleurs pas un objet purement mercantile comme c'est le cas en l'espèce. Certaines associations de défense de l'environnement ou fédérations d'accidentés de la route essayant de pousser le pouvoir à prendre les mesures qui leur semblent utiles.

Personnellement, je ne suis pas téléchargeuse et je considère que les auteurs (qu'il s'agisse d'écrivains ou de musiciens) doivent être rémunérés. J'étais au demeurant tout à fait favorable à la "licence globale". Il suffisait d'adapter son montant à l'utilisation soit générale soit selon un certain barème à définir.

Mais la loi Olivennes, si elle était votée en l'état par le parlement, est fort dangereuse. Elle institue en effet une sorte de "punition collective" des familles, voire audelà : le titulaire de l'abonnement internet sera rendu responsable des téléchargements éventuels des personnes vivant sous son toit et utilisateurs de l'ordinateur.

Irène Delse fait le tour de toutes les possibilités rencontrées dans les familles "recomposées" qui ne manquent guère aujourd'hui et des problèmes que l'on peut rencontrer dans n'importe quel couple ou la personne titulaire de l'abonnement ne télécharge rien alors que la personne qui partage sa vie sera un téléchargeur acharné. Bonjour l'ambiance si le gendarme d'internet met son nez dans leurs affaires !...

Autre problème connexe : la "sécurisation" des connexions internet wifi... Or, c'est jusqu'à présent le FAI (fournisseur d'accès internet) qui est responsable de la sécurité informatique du matériel loué ou vendu... On sait très bien que celle-ci est fort aléatoire et que le premier "hacker" venu fera sauter les verrous, ne serait-ce que par jeu... Si c'est de surcroît un téléchargeur malhonnête qui veut procéder en toute impunité, il lui suffira de se brancher à partir de votre box et vous aurez bien des difficultés à apporter la preuve de votre bonne foi.

En ce qui concerne le sanctions prévues, non seulement l'abonnement devrait être carrément suspendu après deux mises en demeure mais, qui plus est, il s'agit de sanctions qui seront prononcées non, comme actuellement par un juge de l'ordre judiciaire mais par une autorité administrative.

Vous avez nettement plus de chances de voir vos arguments pris en considération dans une procédure contradictoire telle qu'on la connaît au tribunal d'instance que devant une commission administrative : "cause toujours, tu m'intéresses" ! On ose espérer qu'il sera possible de faire appel... Sera-ce devant le tribunal administratif ou le tribunal d'instance ?

Il restera cependant que cette loi, si elle devait être adoptée en l'état actuel du projet, sera plus que certainement déférée au Conseil constitutionnel par les parlementaires de l'opposition (60 députés ou 60 sénateurs).

Quand on sait l'extraordinaire degré d'amitié qui lie Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Debré (au demeurant juriste éclairé) qui préside le Conseil (un beau cadeau que Chirac a mis dans les pattes de Sarko !) on peut s'attendre que si quelque disposition est contraire à la lettre et à l'esprit de la Consititution, notamment sur les libertés et la procédure pénale, les 9 "sages" du Palais Royal n'émettent pour le moins de substantielles "réserves d'interprétation" et/ou ne retoquent une disposition essentielle, autant de moyens de priver une loi de toute efficacité sans pour autant la déclarer la déclarer anticonstitutionnelle....

Il restera qu'après vouloir faire payer les malades pour les malades (franchises médicales) et les pauvres pour encore plus pauvres qu'eux (RSA contre "prime pour l'emploi" des smicards) l'UM/Posture invente la "responsabilité collective"...

 Comment ne pas penser aux Israéliens qui détruisent un village entier en Palestine ou à Gaza parce qu'un seul terroriste s'est fait exploser à Jérusalem ? J'ai beau haïr le terrorisme sous toutes ses formes, je n'en pense pas moins que rendre responsable une collectivité toute entière soit la bonne méthode pour éradiquer le terrorisme, bien au contraire.

En France, certains pensaient que le meilleur moyen de mettre fin à la délinquance dans les banlieues pauvres consistait à punir toute la famille : suppression des allocations famililales... quand on connaît les difficultés des habitants de certaines banlieues de "relégation sociale et ethnique" à trouver un emploi durable et convenable (quand bien même seraient-ils bardés de diplômes et qualifications) on imagine comment la suppression des alloc' risque d'aider les familles à mieux s'occuper de leurs rejetons et faire régresser la pauvreté... terreau de la délinquance.

La sécurisation des connexions internet, pour totalement illusoire qu'elle soit, vise également à restreindre davantage la convivialité et le partage gratuit...

Façon supplémentaire de soumettre la société à la loi et à l'idéologie du marché : en ce sens, la "loi Olivennes" est bien une loi faite par et pour les margoulins...

vous avez dit "rupture" ? népotisme et clientélisme : les deux mammelles du sarkozysme

S'il n'en faut qu'une preuve, elle sera fournie par l'article de "20 minutes" dont la news vient de tomber sur ma boîte :"La demi soeur de Carla Bruni stagiaire à l'Elysée" (http://www.20minutes.fr/article/237986/Politique-La-demi-...)

Stage non rémunéré, paraît-il. Acceptons-en l'augure mais l'on est en droit de supposer qu'elle percevra des rémunérations occultes et autres avantages divers que sont loin de pecevoir les malheureux stagiaires de la "génération précaire" qui cumulent stages sur stages avec une rémunération plus proche du RMI que du SMIC.

Tous les fonctionnaires qui voient aujourd'hui leur poste menacé (à quand les purges ?) enseignants et aujourd'hui militaires seront sans doute fort aise qu'à l'Elysée on embauche tantest plus et que le budget y est en hausse faramineuse alors même que l'on impose des coupes drastiques dans tous les ministères ! 

"Dégraisser le mammouth" ? qu'attend encore Nicolas Sarkozy pour offrir un poste à Claude Allègre qui va très certainement se fouler une cheville à force de lui faire des appels du pied par médias interposés ?

C'est un spécialiste du mammouth à poils longs même si à l'évidence il a oublié de commencer par se dégraisser : au propre comme au figuré car c'est plutôt un personnage "brut de décoffrage" ou si vous préférez : mal dégrossi.

06:13 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0)

18/06/2008

Lait d'beu (*) a fêté son 3ème anniversaire dans le noir...

Je m'excuse par avance auprès des personnes - sûrement plus nombreuses que l'inverse ! - qui ne connaîtraient ni "Lait d'beu" ni Kamizole. Tout cela leur paraîtra fort sybillin et sans doute inintéressant. J'essairais de donner un court résumé de mes récents déboires. Une gageure pour une habituée des digressions !

Cela fait d'ailleurs un certain temps que j'envisageais une extension de mon blog, comme Juan de Sarkofrance et quelqu'un d'autre (mais j'ai oublié qui.... l'ami Alzheimer - celui qui ne veut que pas du bien à nos neurones : vade retro !). Je savais que ce serait très certainement sur "20 minutes" car je suis une habituée matinale du site dont j'apprécie la qualité et la teneur des articles que je consulte en tout premer lieu dès potron-minet. Pour un "gratuit", chapeau ! j'avoue que j'ai été vraiment bluffée.

Dans mon esprit, cela ne devait être qu'un supplément à ce que je "ponds" par ailleurs sur "lait d'beu" - "original" comme disent certaines pub de produits qui ont quelque bouteille. Il se peut que cela devienne ma résidence principale si les choses ne s'arrangent pas entre mémé Kamizole et les administrateurs du Monde.fr...

Tout a commencé le 11 juin dans la soirée. J'avais travaillé sur mon blog une grande partie de l'après-midi sans rencontrer la moindre difficulté si ce n'est les problèmes habituels dus à un ordinateur qui déconne plus souvent qu'à son tour. J'avais fermé boutique et je m'apprêtais à vaquer à d'autres occupations, telles la préparation du repas. L'ordinateur et ma boîte aux lettres étant encore ouverts quand je reçois un message alarmé de ma copine Circé (de la blogosphère orléanaise) qui me dit que mon blog n'est plus accessible, qu'on lui oppose un "blog inactif" voire "suspendu".... Ce message étant suivi de quelques autres d'amis blogueur/euses.

Vous dire que j'étais inquiète est peu de chose (je suis d'ailleurs une inquiète chronique). Je me précipite sur ma boîte "club.lemonde" que je consulte irrégulièrement tellement elle est me semble anti-ergonomique, peu attrayante et bourrée de spams.... tout ce que je déteste. Aucun message comminatoire des administrateurs du Monde m'enjoignant de modifier ou supprimer un article (cela m'es déjà arrivé mais je ne veux pas alourdir mon propos). Me voilà rassurée : c'est encore un "bug"...

Effectivement, le lendemain matin, quand je peux accéder (enfin !) au tableau de bord du blog, un large panneau jaune signale que des incidents techniques ont perturbé les blogs mais que tout est désormais rentré dans l'ordre. Comme malgré tout je ne parviens toujours pas à afficher mon blog et que, de surcroît, "Lait d'beu" a disparu de la liste des blogs, j'envoie un mail - tout à fait courtois - aux administrateurs du blog pour leur signaler que je rencontre toujours des difficultés. Cela à 8 heures du matin. J'aurais une réponse (à 18 heures !) rappelant les problèmes techniques.

Le 13 juin, toujours rien. Re-message aux administrateurs, toujours à 8 heures.... là, aucune réponse !

Le 14 juin, nouveau message aux administrateurs : toujours aucune réponse...

Je laisse passer le dimanche (ils ne travaillent pas) et le 16 juin, dernier message aux administrateurs du blog, sans plus de réponse.

Pendant ce même temps, ma boîte perso ou l'annexe "mémé Kamizole" (qui sert d'interface pour les commentaires) sont submergées de messages de personnes connues ou non qui s'inquiètent de trouver porte close... Circé a écrit deux articles sur son excellent blog. Et quelques personnes parlent d'une pétition pour le retour de mémé Kamizole. Lundi soir Circé me téléphone pour me dire qu'elle vient de lancer la pétition.

Les courriels que mes ami(e)s blogeur/euses ont adressés aux administrateurs du blog n'ont pas reçu plus de réponse que les miens. Cette attitude est franchement incorrecte. S'ils avaient quelque chose à me reprocher au niveau du contenu, il est habituel d'envoyer un message signifiant d'avoir à le supprimer ou le modifier, ce que j'aurais fait bien évidemment (de toutes façons, ce n'est même pas la peine de discuter, c'est à prendre ou à laisser....).

Mais là, rien ! Je ne sais même pas ce que l'on me reproche... Certain(e)s pensent que l'on punit mémé Kamizole pour l'ensemble de son oeuvre... Entendre que je dis ce que je pense, comme je le pense - mais en y mettant quelques formes et, j'ose le dire sans forfanterie déplacée : un certain style - et que mes égratignements politiques (entre autres) ne plaisent pas à tout le monde, surtout à droite.

Le Monde serait-il déjà passé sous la "coupe" (mot à double détente) de Lagardère comme le voulait en son temps (heureusement passé) Alain Minc ? et s'agit-il d'en éradiquer les blogs anti-Sarko ?

Pour l'instant je reste dans l'expectative la plus totale. Wait and see.

En revanche, je suis vraiment émue en constatant le mouvement de sympathie qui s'est créé pour "sauver la soldate Kamizole"... Preuve s'il en était besoin de l'existence de cette blogosphère (il en est autant que de sujets et d'affinités) et des liens d'amitié qui s'y tissent.

En attendant, il faut que je me réhabitue à l'ergonomie de "type.pad" que le la plate-forme du Monde.fr avait abandonnée à l'automne 2006... quand nous découvrîmes le lendemain tous les bugs de WordPress ce fut beau un tollé général ! Là encore, la communauté des blogueurs permit de résoudre de nombreux problèmes, vis à vis des administrateurs et techniciens et entre nous : échanges de conseils, etc...

(*) Je dois quelques explications à la fois sur le nom du blog et le titre de cet article... Lait d'beu, c'est du Solognot. J'ai vécu 30 ans à Orléans et je reste attachée à cette ville où j'ai passé une grande partie de mon enfance et de ma jeunesse (j'y suis arrivée à 4 ans et partie à 35 ans) et j'ai fait de très longs séjours en Sologne, soit à l'occasion de vacances dans mon enfance et mon adolescence, soit plus tard chez ma soeur. Et naguère, à Orléans même, les tournures solognotes (ou beauceronnes.... il y a souvent des concordances comme en témoignent les chansons de Gaston Coûté) y étaient monnaie courante. Si bien que j'utilise aussi spontanément que fréquemment des mots ou expressions qui sont de pure origine solognote, parfois même sans m'en rendre compte, si ce n'est en me plongeant dans le "Vieux parlage solognot" de Bernard Edeine.

Or donc : "lait d'beu", ce n'est rien que des menteries... (les mensonges et demi-vérités qu'on nous assène à longueur d'années). A-t-on déjà vu un boeuf donner naissance à un veau ? On dira la même chose des "oeufs d'co" (pour le coq). Je ne savais pas quoi ajouter pour diférencier les deux titres. Je pensais vaguement à quelque chose comme "plus d'info" ou autres. Mais ce matin, le mot "rabicoin" s'est imposé tout seul : c'est encore du solognot. On désigne ainsi un appenti ou quelque petite pièce annexe.

En ce qui concerne l'anniversaire, j'ai créé Lait d'beu le 12 juin 2005.... J'avais en brouillon un article pour fêter l'événement... La panne et l'ostracisme n'auront pas permis qu'il soit publié... Espérant que le blog serait réactivé j'avais donc commis un article supplémentaire : "les bougies pour les 3 ans de Lait d'beu" on eu un sacré retard à l'allumage !"... Mais j'ai hélas l'impression que la panne est définitive.

 
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